Socrate, père de la philosophie occidentale29 avr. 2010 Géraldine Peteytas
Socrate - géraldine peteytas
La philosophie, en ce qu'elle pousse l'homme à savoir pour mieux vivre et à vivre en pensant, n'est ni une science ni une religion. Elle se situe plutôt entre ces deux formes d'expériences humaines. Sens et naissance de la philosophieD'une certaine façon, la philosophie est née d'une révolution, lorsque des hommes ont décidé de rompre avec la sagesse du mythe qui gouvernait la culture et ont choisi de penser par eux-mêmes en fondant une sagesse basée sur la raison, la philosophie. La philosophie naît donc au 6e siècle av. J.-C., non pas en Grèce continentale comme on le croit souvent, mais à Milet, en Ionie, une ancienne colonie grecque d'Asie mineure. Elle s'implanta au début du 5e siècle av. J.-C. en Italie du Sud et en Sicile, où se dispersèrent les penseurs contraints à l'exil face à l'avancée des Perses. Ce n'est qu'ensuite que la philosophie est arrivée en Grèce. A cette époque, cette branche du savoir comprenait l'étude rationnelle de la nature, des mathématiques et des idées abstraites et enfin, à Athènes, du langage et de la politique. Etymologiquement, philosophie signifie "amour (philo) de la sagesse (sophia)". C'est par cet amour qu'elle se caractérise en conjuguant l'aspiration à vivre sans ignorance et sans violence. Elle préconise l'amour du savoir afin d'examiner et comprendre la vie qu'on mène dans le dessein de la diriger avec clarté. Ainsi, la philosophie incline-t-elle pour l'amour de la vie basée sur la raison et non l'agitation des passions, de la colère ou encore de la violence. Elle propose à l'homme d'être maître de lui-même, de se gouverner. Socrate et la maïeutique"Il me semble que je suis un peu plus sage que les autres hommes parce que ce que je ne sais pas, je ne crois pas le savoir". (Platon, L'Apologie de Socrate) Socrate, considéré comme le père de la philosophie occidentale, était originaire du dème d'Alôpekê, à Athènes, où il est né aux environs de 469-470 av. J.-C. d'un père nommé Sophronisque et d'une mère dont l'identité est moins certaine, Phainarète. Bien que l'on ait peu d'éléments sur sa vie, on sait néanmoins que la philosophie était son unique occupation et qu'ainsi il allait, nu-pieds et portant toujours le même manteau, dialoguer avec les gens de la cité. On sait également son refus inconditionnel de commettre une injustice, quel que soit le régime politique en vigueur. Socrate croyait en la Cité et respectait ses lois. Dans la Grèce antique où il vécut, les sophistes - lesquels pouvaient être des poètes ou des rhéteurs - avaient une importance sans commune mesure. Excellant dans l'art de la rhétorique, ils étaient en effet à même de modifier ce que l'on pensait d'une personne. Aussi étaient-ils très influents dans une Grèce où la réputation jouait un rôle prépondérant. Ils se faisaient rétribuer pour apprendre l'art du discours aux futurs hommes politiques. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui des conseillers en communication ! Socrate, quant à lui, était contre ce système, arguant que prendre l'homme et ses désirs pour mesure menait fatalement à la tyrannie. Dans le Protagoras de Platon, Socrate pourfend d'ailleurs Protagoras, notamment connu pour cette phrase : "L'homme est à la mesure de toutes choses". Pour Socrate, les sophistes étaient uniquement des "faiseurs de discours". L'unique intérêt pour Socrate était non pas de se répandre en belles paroles dans le seul but de séduire mais bien de philosopher (pris dans le sens étymologique du terme), et de mener une vie sous l'égide du savoir et de la raison. Déclarant ignorer face à ceux qui prétendaient savoir ce qu'était la sagesse, "l'accoucheur des âmes" comme il se nommait lui-même, avait à coeur d'éveiller les esprits, de les accoucher. C'est par le biais de la "maïeutique" (art d'interroger ses interlocuteurs afin de délier leurs esprits) qu'il y parvenait. Avec sa maïeutique, Socrate a érigé trois éléments en méthode : la question, le dialogue et l'ironie. Pour le philosophe, on fait jaillir la richesse qui se trouve en l'homme, les évènements et les choses par la question. Le dialogue, quant à lui, a la vertu de mettre au jour les éléments communs avec autrui. Dans la découverte de ces éléments, on parvient à la Cité, à la communauté. L'ironie, entendu ici comme le fait d'interroger en feignant l'ignorance, est le troisième élément dont use Socrate pour accoucher les esprits car, par sa force, on libère la pensée refoulée en chacun. L'ironie remet en question. On pourrait dire en fait dire que la philosophie est l'école du doute. C'est notamment cette façon de se positionner comme non savant qui va finalement mener Socrate devant un tribunal en 399 av. J.-C. Pour lire la suite de l'article, voir Le procès de Socrate, chef d'accusation et sentence Tous droits réservés Géraldine Peteytas. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.
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